Quel avenir pour nos territoires littoraux

L’Assemblée nationale examinait, hier, une proposition de loi d’adaptation des territoires littoraux au changement climatique. LE texte peut sembler assez technique. Il s’agit en réalité, de prendre en compte les effets de l’élévation du niveau de mer, qui résulte du réchauffement climatique, conduit à des submersions de nos côtes ou à leur érosion.

Dès lors, il convient de déterminer ce que nous faisons de ces espaces exposés pour les protéger et définir les activités, qui peuvent s’y développer. Je suis intervenu dans ce débat.

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Les jeux ne sont pas faits

EU Summit

Rien ne se passe décidément comme prévu.

Nous attendions Juppé ; ce fut Fillon. Hollande devait être candidat à sa succession ; il ne l’est pas. Et maintenant ? les médias lorgnent vers le locataire de Matignon, pariant sur sa déclaration imminente de candidature à la primaire socialiste.

Elle est plus que probable, en effet, mais de nouveaux rebondissements sont à attendre. La cote de popularité de Manuel Valls n’est guère plus élevée que celle du chef de l’Etat. Les sondages l’évaluent entre 9 et 11%, ce qui expose le Premier ministre à endosser, en lieu et place de Hollande, le bilan du quinquennat et à se faire sortir lors de la primaire du PS en janvier.

La situation de cette élection présidentielle est, en réalité, beaucoup plus ouverte qu’on nous le dit.

Le programme ultra-libéral de François Fillon réactive le clivage droite-gauche et est susceptible de mobiliser un électorat de gauche aujourd’hui dépité mais refusant une purge libérale à la Thatcher.

Dans le même temps, le même François Fillon peut mobiliser un électorat de cette droite décomplexée jusqu’à présent prêt à voter pour Marine Le Pen mais considérant désormais que le choix en faveur du candidat de la droite est un vote utile pour l’emporter. Il en résulterait un score moindre pour l’extrême-droite et un second tour, dont les finalistes ne seraient pas forcément ceux qu’on attend.

L’inconnu est à gauche. Pour l’heure, c’est l’éparpillement et le risque est grand d’une élimination au soir du premier tour. Mais là encore, tout peut bouger. Le rassemblement est nécessaire mais pas suffisant. Il s’agit d’offrir une vraie rupture avec la dérive libérale du quinquennat, qui s’achève, si nous voulons que l’électorat de gauche se mobilise.

Pour le moment, il a, avant tout, le sentiment d’avoir été trahi.

l’avenir des sapeurs-pompiers

Je suis intervenu sur la proposition de loi concernant les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. J’ai insisté sur le chemin qui reste à parcourir vers la reconnaissance de l’engagement des sapeurs-pompiers et la nécessité de leur donner les moyens nécessaires au plein exercice de leur professionnalisme.

Fillon : la purge libérale

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F.BOUCHON/Le Figaro

Les sondeurs attendaient Juppé. C’est Fillon qui est sorti du chapeau. La mobilisation de l’électorat de droite a été forte. 4 millions d’électeurs se sont déplacés contre 2,7 lors de la primaire socialiste en 2012.

Il ne faut néanmoins pas aller trop vite en besogne.

Fillion n’est pas encore président de la République, les électeurs mobilisés, dimanche dernier, ne représentant que 7% de l’électorat total.

Ce que nous pouvons dire, c’est d’abord que l’opinion de droite ne voulait pas d’un retour de Sarkozy et l’apport de voix de gauche a également contribué à son échec. Elle ne veut pas non plus de Juppé considéré comme l’incarnation d’une droite molle, trop consensuelle.

L’électorat de droite s’est radicalisé et ne craint pas une purge libérale, l’appelle même de ses vœux, sans obligatoirement mesurer ce que sera l’ampleur des dégâts.

Il faut jeter un œil sur le programme de Fillon. Parmi les mesures phares :

  • Suppression de la durée légale du travail dans le privé et donc application de la norme européenne, soit jusqu’à 48 heures.
  • Age de la retraite porté à 65 ans.
  • Baisse de 100 milliards des dépenses publiques (agents hospitaliers, infirmières, enseignants, policiers, gendarmes…)
  • Nouvelles baisses de la fiscalité et des cotisations des entreprises.
  • Hausse de la TVA de 2% porté à 22% pour payer la facture.
  • Suppression de l’impôt sur la fortune.
  • Limitation du champ d’intervention de la Sécurité sociale aux affections de longue durée ; pour le reste, création d’une franchise médicale et ouverture aux assurances privées pour les « petites risques ».
  • Suppression du principe de précaution dans la Constitution.

Denis Kessler, un pilier du MEDEF, résumait en 2007, dans une interview à « Challenges » ce qui était l’ambition des années à venir : « le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance… Il est grand temps de le réformer… Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 ».

Et donc de substituer à la solidarité et à la redistribution, la concurrence, l’individualisme, la précarité et les privilèges aux plus fortunés. Fillon entend s’y employer.

Marketing politique pour un même projet

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Crédit : Eric PIERMONT/AFP

Difficile d’échapper, depuis hier, au show Macron, de même qu’il sera périlleux de passer à travers la primaire de la droite, ce week end.

Ainsi va la démocratie, me dira-t-on. Mais est-ce vraiment cela ?

La démocratie, c’est le choix offert au peuple de décider de son avenir à partir de projets de société différents, d’une confrontation des idées.

Ce que chacun peut constater aujourd’hui, c’est qu’un seul modèle nous est proposé : une soumission aux lois du marché, à la mondialisation libérale et la seule gestion de ces carcans, qui ne laissent aucune marge de manœuvre.

Dès lors, le débat politique se résume, la plupart du temps, à des opérations de marketing. Les observateurs notent ainsi, à juste titre, que les programmes des sept candidats à la primaire de la droite sont des quasi-photocopies, la différence étant dans le verbe et le ton, l’excès ou la retenue pour vendre la même marchandise à un panel de clients divers.

Macron nous a offert, hier, un modèle du genre.

L’ex associé-gérant de la banque Rothschild avait choisi une ville de la banlieue, Bobigny, et le hangar d’un CFA, pour annoncer sa candidature à l’Elysée. Mais, pour le coup, ledit hangar avait été soigneusement clos et ne pouvaient y accéder que son équipe de campagne et les journalistes. Aucun apprenti, aucun formateur n’y ont été admis. Après sa prestation, l’ex-ministre de l’économie est reparti comme il était venu. Le CFA n’aura fonctionné que comme un symbole ou plutôt l’illusion d’un symbole.

Hasard de l’actualité : le jour, où M. Macron se déclarait, tombait cette information : Megabus s’apprête à licencier ses 175 salariés.

Il s’agit d’une entreprise de transport par cars, filiale d’un groupe britannique opérant en France pour le compte d’une start-up allemande, qui avait saisi l’opportunité de la loi Macron de libéralisation du transport par car.

En définitive, cette libéralisation des lignes de bus sur de longs trajets se révèle être un fiasco. Elles ne se concentrent plus que sur les trajets les plus rentables. Macron avait annoncé la création de 22 000 emplois. Il y en a eu que 1430, qui risquent fort de se réduire comme une peau de chagrin.

Les cars Macron, dans leur guerre des prix, auront fait perdre à la SNCF 250 millions €. Quant au bilan carbone, un bus émet 130 grammes de CO2 par kilomètre, un TGV 13 grammes et une voiture électrique 22 grammes.

Cette disposition de la loi Macron, la seule, ou à peu près, que l’opinion publique en aura retenue, est emblématique de la vision que l’homme a de l’avenir de la société.

Derrière le jeune homme fringant et son allure de gendre idéal se profile un libéral pur jus porteur de vieilles recettes, qui ne cessent de faire la preuve de leur nocivité.

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Source : Les Echos