Rendre obligatoire la tenue des engagements pris

Le Président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a remis, ce mercredi, au Président de la République, le rapport que celui-ci lui avait commandé sur le thème « Engagement citoyen et appartenance républicaine ». Le Président du Sénat, Gérard Larcher, mandaté également par l’Elysée, a, lui aussi, remis sa copie.

Néanmoins, s’il fallait désigner un vainqueur, l’occupant du perchoir au Palais Bourbon l’emporte haut la main.

L’un et l’autre ont avancé de multiples préconisations mais une seule occupe, depuis hier, l’espace médiatique et Claude Bartolone en est l’auteur : l’obligation pour les citoyens de voter.

La proposition n’est pourtant pas nouvelle. Elle est même récurrente à mesure que l’abstention ne cesse d’enfler au fil des scrutins. Les récentes élections départementales en sont la dernière manifestation.

Ce que je trouve ahurissant dans l’idée avancée, c’est que la désaffection citoyenne serait la faute exclusive des citoyens et que la classe dirigeante n’y serait pour rien. Ne pas voter relèverait donc de la négligence, comme si vous omettiez de payer vos impôts, vos factures de gaz ou l’électricité. Il suffirait donc de brandir l’épée de la sanction financière pour vous rappeler à vos devoirs.

C’est aussi absurde que de jeter à terre votre baromètre pour conjurer le mauvais temps.

La démocratie n’est pas obligatoire. Elle est une conquête fragile et permanente. Elle repose sur un pacte entre le peuple et ses représentants et définit son organisation républicaine, à l’article 2, de la Constitution, comme « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Or, voilà 30 ans, que ne cesse de grandir le sentiment qu’a le peuple de ne plus être représenté mais en permanence trahi par les dirigeants qu’il élit.

La colère enfle devant les promesses non tenues, l’impuissance à imposer l’intérêt général face aux puissances de l’argent maîtresses du jeu, les règlements de compte d’une caste politique tournée sur elle-même.

Ainsi s’organise la désertion des urnes et une véritable crise de la République et de la démocratie, dont profitent toujours historiquement les ennemis de l’une et de l’autre.

Ce n’est pas l’armée des abstentionnistes qu’il faut sanctionner, c’est bien plutôt l’état-major des dirigeants. Renversons la proposition de Claude Bartolone, en infligeant une amende conséquente à celles et ceux qui contreviennent aux engagements qu’ils ont pris et qu’ils s’empressent de trahir, une fois élus.

Voyons si je fais un buzz médiatique avec une telle proposition.

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