Réforme des collèges : zéro de conduite

La réforme des collèges aura occupé l’actualité de la semaine, d’abord en raison de la mobilisation des enseignants, mardi, puis, dès le lendemain, avec la publication au Journal Officiel du décret de mise en œuvre des mesures contestées, ce qui s’apparente à une provocation et à un passage en force.

Dès lors, le débat est cantonné à une partie de ping-pong entre le gouvernement et la droite.

Du côté de la ministre de l’éducation nationale, on défend la réforme au nom de l’égalité contre l’élitisme, dont notre système serait affecté.

A droite, on saisit l’occasion pour pourfendre le collège unique et prôner un dispositif différencié, qui, au-delà des mots, aurait pour mission de reproduire les classes sociales et les inégalités.

Ainsi posé, le débat n’est-il pas pipé ?

La réalité est, tout de même, d’abord qu’un nombre croissant d’élèves arrivant en 6ème ne maîtrise pas des données de base fondamentales tant en mathématique qu’en langue française. Nous avons donc un problème avec l’école primaire.

Le sens de la réforme de Najat Vallaud-Belkacem n’ignore pas ce constat affligeant mais, partant de là, elle en conclut qu’il convient de baisser le niveau de l’exigence des connaissances à s’approprier.

C’est du nivellement par le bas et c’est ainsi que l’apprentissage du latin et du grec ancien est relégué dans des « enseignements pratiques interdisciplinaires » (EPI), où se mêleront histoire antique, vagues approches des langues concernées et je ne sais quoi encore, tant tout cela parait nébuleux, comme cela l’est pour l’enseignement de l’histoire.

Quant à l’apprentissage des langues étrangères, avouons d’abord que nous ne sommes pas bons, au regard de nombre de nos voisins européens.

La meilleure manière de surmonter ce déficit-là n’est surement pas dans la suppression des classes bilangues, qui ne concernent certes pas le plus grand nombre mais qui sont efficaces dans l’appropriation des langues concernées, ni dans l’apprentissage d’une deuxième langue vivante en 5ème quand nous n’en sommes qu’au balbutiement dans la maitrise d’une première langue vivante.

L’autonomie des établissements est également sujette à caution. S’il s’agit de rendre le collège plus efficace par une meilleure prise en compte de la spécificité des élèves, en particulier dans les quartiers en difficulté, très bien !

Mais le risque existe là encore, à l’inverse, d’un nivellement par le bas de l’enseignement dispensé et d’un accroissement des inégalités éducatives territoriales.

Bref, tout cela est à remettre sur le métier par un débat avec tous les acteurs concernés.

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