La Grèce victime du totalitarisme économique de la Troïka

Les opérations ont été nombreuses, cette semaine, pour faire rendre gorge à la Grèce.

Le FMI, la BCE et la commission européenne flanqués de Mme Merkel et M. Hollande étaient à la manœuvre. J’ai décidé d’interpeller M. Fabius

Patrice Carvalho attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la réunion, qui s’est tenue le lundi 1er juin à Berlin entre Mme Merkel, Mme Lagarde, M. Draghi, M. Juncker et M. Hollande concernant l’avenir de la Grèce et les mesures à venir concernant la gestion et le remboursement de la dette publique grecque.

Suite à la crise financière de 2008, une politique d’austérité drastique a été imposée à la Grèce dans l’optique de ramener un équilibre financier et de relancer cet Etat en difficulté. Ces politiques économiques imposées au peuple grec n’ont fait que le plonger encore plus fortement dans une situation économique catastrophique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le taux de chômage est passé de 7.3 % en 2008 à 25 % en 2014, la croissance du PIB s’est effondrée : – 0.4 % en 2008 contre – 3.3 % en 2013. Enfin la dette publique grecque a explosé passant de 103% du PIB en 2007 à 180 % à l’heure actuelle. Ces chiffres effarants sont le fruit de cette politique austère, qui leur est imposée depuis 2009.

Conscient de la gravité de la situation, le peuple grec a réagi, en janvier 2015, en élisant M. Tsipras. Lui et son gouvernement, souhaitent à présent expérimenter un modèle différent de redressement économique basé sur une bonne gestion financière, l’abolition des privilèges fiscaux consentis aux plus riches, l’arrêt de l’appauvrissement de la population ; bref, sur les conditions d’une relance de la croissance. Or, la troïka empêche M.Tsipras et son gouvernement de prendre les mesures qui permettraient à son pays de sortir du gouffre. En effet, la BCE et le FMI font pression sur la Grèce réclamant 1.6 milliard en juin et 10 milliards d’ici à la fin de l’été. Le pire, c’est que ces différentes dettes sont basées en partie sur le mémorandum signé en 2010 entre la troïka et le gouvernement grec de l’époque, qui n’avait même pas pris le soin de lire ni de comprendre les mesures, qui étaient en jeu dans ce texte. De ce fait, il est donc illégitime.

Un audit concernant la légitimité de la dette publique a été créé en Grèce pour comprendre la structuration de la dette publique et examiner la légalité de celle-ci. Nous savons d’ores et déjà que plus de la moitié de la dette est imputable aux taux d’intérêts imposés aux grecs et à la diminution des rentrées fiscales consécutives à l’austérité et aux privilèges fiscaux accordés aux plus aisés. La France s’honorerait d’être aux côtés du peuple grec et de son gouvernement en faisant entendre cette voix indépendante, qui l’a souvent caractérisée, au lieu de se soumettre aux diktats de la troïka et de la finance internationale, comme en atteste cette réunion du 1er juin. Le député souhaite savoir si M. le ministre est prêt à prendre ce virage salutaire.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s