La Troïka face à la démocratie

Dans la nuit de vendredi à samedi, Alexis Tsipras a annoncé l’organisation d’un référendum, dimanche 5 juillet.

Les négociations avec la troïka sont, en effet, dans l’impasse. Le Premier ministre grec a donc décidé de recourir à cette arme détestée par Bruxelles et les financiers : la démocratie.

« Je vous appelle à décider si nous devons accepter l’ultimatum des maîtres-chanteurs qui réclament une stricte et humiliante austérité sans fin, et sans aucune chance de nous remettre sur pieds, tant au point de vue social que financier » a déclaré Alexis Tsipras.

Et de poursuivre : « Nous devons répondre à l’autoritarisme et à l’austérité corrosive par la démocratie, avec calme et détermination. Berceau de la démocratie, la Grèce doit envoyer un message retentissant aux citoyens de toute l’Europe et du monde ».

Du côté des tenants de l’orthodoxie bruxelloise, on ne décolère pas. Déjà, avant l’annonce du référendum, Mme Lagarde (FMI) avait eu recours au mépris, priant les grecs de lui envoyer des adultes pour négocier (c’est-à-dire, pour se coucher).

Ce week end, Les « Echos » parle d’Alexis Tsipras comme d’un « braqueur de banques ». Pour le JDD, c’est un « maitre-chanteur » (quelle inversion des rôles!), ce qui lui semble normal car il a été communiste dans sa jeunesse et il l’est encore un peu maintenant.

L’artillerie lourde est appelée en renfort. Si les grecs ne paient pas leur dette à la France (40 milliards), les français en seront pour leurs poches dans une fourchette de 650 à 730 €, selon les médias.

Les chiffres sont complétement inexacts et s’appuient sur une méconnaissance des circuits de la dette publique. Les 40 milliards € prêtés à la Grèce sont déjà intégrés dans la dette publique. Le manque à gagner ne porterait donc que sur les intérêts non perçus, soit tout au plus 10,5 € par an et par adulte résidant en France.

Et si nous évoquions nos prétendus vertueux donneurs de leçons à la Grèce :

  • Mme Lagarde, présidente du FMI, qui brigue un deuxième mandat, mise en examen dans l’affaire de l’arbitrage « arrangé » entre Tapie et le Crédit Lyonnais.
  • M. Juncker, président de la commission européenne, ancien premier ministre du Luxembourg, qui a fermé les yeux sur le paradis fiscal qu’était son pays et connaissait pourtant les accords fiscaux secrets entre le Luxembourg et 340 multinationales, dont Apple, Amazon, Ikea, Pepsi ou Axa, passés en 2002 et 2010, comme l’ont révélé près de 40 médias internationaux.
  • Mario Draghi, président de la BCE, ancien de chez Goldman Sachs, la banque à l’origine des subprimes en 2008 et, surtout, qui conseilla à la Grèce l’utilisation de produits financiers dérivés pour masquer ses déficits.

En résumé, c’est comme si on confiait la cure de désintoxication de toxicomanes à d’anciens dealers.

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