La leçon de courage du peuple grec

La campagne électorale du référendum en Grèce n’aura pas été sans rappeler celle de 2005 en France sur le traité constitutionnel européen.

Si le « oui » devait alors l’emporter, nous disait-on, ce serait le chaos, l’apocalypse, l’anarchie et que sais-je encore. Les grecs ont eu droit au même refrain.

Mais ils ne se sont pas laissés intimider. Pourtant la fermeture des banques, la limitation des retraits pouvaient accréditer la thèse de la catastrophe annoncée.

En l’occurrence, la catastrophe, ils la vivent depuis que la chape de l’austérité et des restrictions s’est abattue sur eux sans perspective d’un horizon meilleur.

La volonté d’en sortir et de trouver une autre voie pour assurer un nouveau départ l’a emportée. Le « non » a donc totalisé plus de 61% des suffrages.

Alexis Tsipras se trouve ainsi conforté face à la troïka, dont les dirigeants font grises mines.

Les uns ne décolèrent pas et manifestent ouvertement leur souhait d’expulser la Grèce de la zone euro : Mme Merkel, bien sûr, mais aussi les sociaux-démocrates allemands aux côtés desquels nous retrouvons Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.

Des voix différentes se font pourtant entendre, telles celles de Dominique de Villepin et de Henri Guaino, qui rappellent que la force de De Gaulle fut de savoir dire « non » quand la souveraineté de la France était en cause.

D’autres ont mis de l’eau dans leur vin, considérant que le choix des grecs ne pouvait être passé en pertes et profits et qu’une exclusion d’Athènes déstabiliserait toute la zone euro.

Mme Lagarde n’est donc plus fermée à une restructuration de la dette grecque et François Hollande veut jouer en Europe le « monsieur bons offices » dans une improbable recette qui réunirait tous les contraires : moins d’austérité pour les grecs mais de l’austérité quand même.

Alexis Tsipras a rappelé, mercredi, devant le Parlement européen, que les grecs n’avaient en rien bénéficié des milliards de la BCE et du FMI, que les banques avaient engloutis, tandis que 56% des richesses nationales étaient détenus par 10% de la population, la fraction la plus aisée, celle qui échappe à l’impôt et s’enrichit sans cesse davantage.

La Grèce a donc besoin de réformes, qui garantissent la justice sociale et la répartition des richesses, l’investissement, qui permette de faire redémarrer la croissance et l’emploi.

Voilà à quoi doivent enfin servir les fonds de la BCE et du FMI.

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