Tous grecs

En France, nous sommes bien placés pour savoir que les instances européennes se moquent du verdict des urnes, quand celui-ci leur est défavorable.

En 2005, les français avaient dit « non » au projet de constitution européenne. Mais le dit projet passé par la porte est revenu par la fenêtre.

Deux ans et demi après, le traité de Lisbonne voyait le jour et n’était qu’un copier-coller du texte précédemment repoussé. Il n’était évidemment pas soumis à référendum.

Ce qui vient de se passer avec la Grèce est une répétition en accéléré du même processus.

Les grecs, lassés de la droite et des socialistes, de l’incurie et de la soumission des uns et des autres au FMI et à Bruxelles, ont décidé de doter d’un gouvernement de rupture avec l’austérité, qui les ruine. Ainsi élisent-ils Syriza et Alexis Tsipras.

La troïka n’en a cure et entend contraindre les grecs à intensifier la purge.

Alexis Tsipras décide de soumettre à référendum les propositions que veut lui imposer Bruxelles.

Le résultat est sans appel : 61% des électeurs disent « non » à l’austérité.

Mais qu’importe ! Les chefs d’Etats de la zone euro avec Angela Merkel à leur tête ont décidé de faire rendre gorge à la Grèce.

Dès lors, les banques grecques n’accèdent plus aux liquidités de la BCE et la sortie de la Grèce de la zone euro (le Grexit) est brandie. En clair, la faillite du pays est organisée et pilotée depuis Bruxelles.

Alexis Tsipras est pris en étau. Sortir de l’euro et rétablir la drachme dans ces conditions sont pour le moins périlleux et les grecs ne le souhaitent d’ailleurs pas.

Il ne reste donc plus qu’à se soumettre aux exigences européennes avec, à la clé, privatisations, une augmentation de la TVA de 10 %, la retraite à 67 ans… tout ce dont les grecs ne voulaient plus.

L’autre option aurait été la démission du gouvernement et donc le retour de la droite et des socialistes. Alexis Tsipras a choisi de rester, d’autant que les grecs ont bien compris que le bras de fer avec Bruxelles relevait du combat entre David et Goliath mais dans lequel, pour l’heure, David avait peu de chance de l’emporter.

Cet épisode de l’histoire européenne éclaire, en tout cas, la réalité d’une construction, qui est un déni de la démocratie et de la coopération entre nations.

Il s’agit bien d’une dictature des banques et de la finance, un espace organisé de la mondialisation libérale, qui permet à quelques-uns de s’enrichir sur le dos des peuples que l’on appauvrit.

Mais jusqu’où et jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que les grecs ne soient plus les seuls à dire « non ».

Cela peut aller parfois plus vite qu’on ne le pense.

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