Elevage : mettre fin au pillage du travail paysan

Face à la mobilisation des éleveurs, le gouvernement a rendu public, hier, un plan d’urgence. Rien de ce qui s’y trouve n’est inutile : allégements et reports de charges, restructuration des dettes, approvisionnement local favorisé des cantines, augmentation des débouchés à l’exportation…

Mais le problème est ailleurs : il réside dans la fixation des prix.

Lundi, les prix du porc payé aux éleveurs atteignait 1,385 € le kilo sur le marché du porc breton de Plérin (Côtes-d’Armor). Or, pour couvrir les coûts de production, la barre devrait être au minimum à 1,40 €.

La situation est identique pour les producteurs de lait.

Même scénario pour le bœuf. Le prix moyen est à 3,70 € le kilo pour un coût de production à 4,50 €.

Face à cette situation, un accord avant été conclu, le 17 juin, avec la grande distribution et l’industrie agro-alimentaire pour une augmentation de 5 centimes par semaine jusqu’à atteindre 4,50 € le kilo.

Mais plus d’un mois après, le prix ont gagné tout au plus 7 centimes. D’où la colère des éleveurs, qui continuent de produire à perte.

20 000 exploitants sont ainsi en difficulté.

Dans cette affaire, tout le monde n’est pas perdant car les marges de la grande distribution et de l’agro-industrie demeurent d’autant plus confortables que ce sont eux qui fixent les prix d’achat. C’est comme si chacun d’entre nous fixait, selon son bon vouloir, le prix de la baguette de pain chez son boulanger.

Ainsi, si nous décomposons le prix du porc pratiqué sur les étals et payé par le consommateur, la grande distribution empoche 39% du total contre 32% à l’éleveur.

Pour le bœuf, la part s’élève à 28% contre 47% à l’éleveur.

Globalement, sur l’ensemble des produits, l’agro-industrie empoche 38%, la distribution 17% et l’éleveur 40%.

Le racket, qui s’opère ainsi sur le travail des éleveurs, s’est aggravé à mesure qu’on a libéralisé le marché, fait disparaitre les quotas, démantelé les outils de régulation.

Le plan d’urgence du gouvernement ne s’attaque pas à cela et dit s’en remettre au sens des responsabilités des différents protagonistes. C’est, bien sûr, illusoire.

En novembre 2011, le groupe, auquel j’appartiens, avant déposé une proposition de loi, qui contenait deux dispositions précises :

  • La mise en place d’une négociation annuelle sur les prix afin de déterminer un prix plancher d’achat aux producteurs et d’appliquer un prix minimum pour chacune des productions.
  • L’application d’un coefficient multiplicateur pour encadrer à la fois le prix d’achat et le prix de vente des produits alimentaires.

Sans de telles mesures, nous irons de crise en crise avec la disparition, à la clé, de milliers d’exploitations au profit de ces fermes-usines et d’une baisse de la qualité de ce que nous consommons.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s