Quelle issue pour la Syrie et ses réfugiés ?

La semaine parlementaire aura été marquée par deux débats au cœur d’une actualité européenne et internationale sombre.

Il s’agissait, en premier lieu, de la décision du Président de la République d’engager des forces aériennes françaises au-dessus du territoire syrien afin de combattre Daech.

Ce choix semble bien illusoire et, de surcroit, dangereux. Comment, en effet, penser que la France, seule, sans mandat des Nations Unies, par des frappes aériennes, peut parvenir à anéantir les barbares, qui contrôlent aujourd’hui 40% du territoire syrien ?

La France serait, en réalité, mieux inspirée de travailler dans 4 directions :

  • Mettre sur pied une grande coalition militaire contre Daech sous mandat de l’ONU en impliquant russes, iraniens, sunnites et chiites.
  • Tracer une feuille de route concertée pour une transition politique en Syrie, sans qu’elle soit un préalable à la coalition.
  • Appuyer les efforts politiques des résistants kurdes et les aider militairement.
  • Assécher les sources de financement du terrorisme dont l’une d’entre elles consiste en la vente de pétrole par Daech que des Etats lui achètent. (1 million de dollars par jour) et pour laquelle la Turquie est en première ligne.

Le second débat portait sur l’accueil des réfugiés en France et en Europe.

Au moment où les députés examinaient cette dramatique question, nous apprenions que l’Allemagne, l’Autriche suivies d’autre pays décidaient de fermer leurs frontières, ce qui ne conduisait qu’à déplacer la question de l’accueil et condamnait à l’errance des milliers de personnes à la recherche d’un refuge.

Il est évident qu’aucun pays, seul, ne sera en mesure de faire face à cette crise migratoire. La solution ne peut être que collective et globale et donc impliquer les 28 pays membres de l’Union européenne à la mesure de leurs capacités respectives d’accueil.

De ce point, l’échec de la réunion européenne de lundi sur la répartition de 120 000 réfugiés est affligeant et en dit long sur ce qu’est cette Europe d’aujourd’hui : d’abord et avant tout un espace économique fondé non sur la coopération mais sur la concurrence des nations, qui la composent.

La crise migratoire doit pourtant nous conduire, dans l’urgence, à changer de modèle. La France devrait en être le moteur.

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