Budget d’une occasion manquée

L’Assemblée nationale a voté, ce mercredi, la première partie du budget 2016, qui concerne les recettes.

Il est le dernier en année pleine du quinquennat de François Hollande et donc celui de la dernière chance pour le changement annoncé en 2012 mais jamais venu.

Hélas, il s’inscrit dans la continuité de ceux qui l’ont précédé. L’austérité y figure à tous les étages. Nous y retrouvons l’entêtante obsession de la réduction du coût du travail et des allégements sociaux et fiscaux aux entreprises.

Ainsi 33 milliards € d’aides au patronat seront à nouveau généreusement distribués sans contreparties. Dans le même temps, 16 milliards d’économie seront réalisés sur les services publics, la Sécurité sociale et les collectivités territoriales.

Si c’était efficace, cela se saurait. Or, le résultat est connu : le chômage continue de s’étendre, les inégalités s’accroissent et notre tissu productif est mis à mal.

Je ne prendrai qu’un exemple pour me faire comprendre.

En 2016, la principale dotation de l’Etat aux collectivités va diminuer de 3,5 milliards € pour atteindre 11 milliards € en 2017.

Conséquences : les collectivités réduiront leurs investissements. Or, ils représentent 70 % des investissements publics.

La perte de croissance qu’entrainera cette mesure est estimée à 0,5%, soit la moitié de la croissance de 2015.

Il s’en suivra des licenciements dans le secteur du BTP et une baisse des recettes de l’Etat (5,5 milliards €).

Nous tuerons ainsi dans l’œuf toute dynamique de reprise.

Notons enfin l’abandon d’une énième promesse de campagne avancée en 2012 : la réforme fiscale rendant l’impôt plus juste, lisible et progressif. Il n’en sera donc rien.

Il est fait grand cas des 2 milliards € de baisse de l’impôt sur le revenu. Ils sont bien dérisoires lorsque nous songeons à l’augmentation de la TVA payés indistinctement par tous les français sans considération de leurs revenus ou encore à la hausse à venir des taxes foncière et d’habitation, que risquent de décider nombre de collectivités pour compenser la diminution des dotations de l’Etat.

Le quinquennat de François Hollande risque fort d’être marqué d’une empreinte : celle des occasions manquées.

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