Budget de la Sécu : la peau de chagrin

Après le vote du budget pour 2016 dans son volet « recettes », la semaine dernière, l’Assemblée nationale votait le budget de la Sécurité sociale, ce mardi.

Là encore, l’austérité et la logique « comptable » sont au rendez-vous.

L’ONDAM, c’est-à-dire l’objectif national des dépenses de santé pour l’année prochaine, est fixé à 1,75%, quand les besoins nécessiteraient une progression de 4%.

Le cap fixé se résume en une diminution des dépenses de 10 milliards € en 3 ans, dont 3,4 milliards € en 2016, tandis que les entreprises bénéficieront de nouvelles exonérations de cotisations à hauteur de 5,3 milliards € au titre de la poursuite du pacte de responsabilité.

Le gouvernement se flatte, dans ces conditions, de diminuer le déficit, le fameux « trou » de la Sécu.

Ainsi en est-il de la branche « famille » au prix du gel des prestations et de la modulation des allocations familiales mettant en cause leur universalité, soit un gain de 865 millions €.

Même purge pour la branche « vieillesse » avec l’accentuation des précédentes réformes de la droite et, à la clé, la baisse du pouvoir d’achat des pensions et l’allongement de la durée des cotisations.

Constat semblable pour la branche « accidents du travail et maladies professionnelles », pour laquelle sont encouragées les sous-déclarations.

En résumé, le chômage, les bas salaires, les allégements de cotisations patronales minent les recettes, ce qui conduit à rogner sur les dépenses, c’est-à-dire sur les prestations et donc sur la protection sociale dans son ensemble, dont nous fêtons pourtant le 70e anniversaire.

Dans ce débat, nous avons fait valoir, avec mon groupe, des propositions afin de conforter les recettes, en soulignant les 20 milliards € de manque à gagner au titre de la fraude aux cotisations patronales ou encore l’instauration de cotisations sur les revenus financiers.

Il y a urgence car, contrairement à l’esprit qui avait présidé à la création de la Sécurité sociale, nos concitoyens sont de plus en plus conduits à se soigner selon leurs moyens et non plus selon leurs besoins.

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