COP 21 : l’affichage de bonnes intentions

La COP 21 s’est donc achevée, samedi, par un accord entre les 195 pays, qui en étaient parties prenantes.

La présidence française, assurée par Laurent Fabius, a déployé des talents d’orfèvre pour parvenir à ce résultat et en assurer la promotion.

Mais, au final, à quoi aboutissons-nous ?

L’accord mentionne l’objectif de contenir le réchauffement climatique au seuil de 1,5 °C, ce qui n’était pas acquis puisqu’au mieux, il était envisagé de s’en tenir à 2°C.

Belle avancée, par conséquent ! Sauf que, pour le moment, les engagements pris par les Etats et définis par chacun d’entre eux placent le curseur à 3°C, soit le double de l’ambition du texte adopté.

Dans ce dernier, tout fonctionne sur le même mode : l’affichage est alléchant mais l’obligation de résultat n’est nulle part.

C’est ainsi qu’on s’est affronté, jusqu’au dernier moment, pour savoir si, en matière de résultats, il fallait écrire que chaque Etat « doit » ou « devrait » en obtenir.

Les américains ont arraché l’emploi du conditionnel, ce qui ne contraint donc à rien.

De même, il n’est mis en place aucun comité de contrôle du respect des dispositions, ni de mécanisme de sanction, comme le prévoyait le protocole de Kyoto en 1997 et entré en vigueur en 2005.

Chaque pays sera modestement tenu de faire part de ses engagements, tous les cinq ans, en matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

Les mots, qui fâchent, ont également été soigneusement évités. Aucune mention des énergies fossiles, du charbon, du pétrole ne figure dans ce texte. Les pays producteurs en avaient fait une condition.

Pourtant, ces énergies-là représentent, à elles seules, 65% des émissions de GES et si nous voulons contenir le réchauffement en deça de 2°C, il faudrait laisser dans le sol 80% des réserves de fossiles.

De même, il n’est fait aucune référence aux transports aériens et maritimes, qui représentent 8% des émissions de GES, dont la croissance augmente deux fois plus vite dans ces secteurs que dans les autres. Elles pourraient compter pour 39% des émissions en 2050.

Enfin, les 100 milliards de dollars annuels, que les pays du Nord doivent verser à ceux du Sud d’ici 2020 pour faire face au dérèglement climatique, sont bien réaffirmés, mais sans que nous sachions comment y parvenir, d’autant que l’instauration d’une taxe européenne sur les transactions financières, qui pourrait dégager entre 24 et 34 milliards € par an, a été repoussée à plus tard.

En résumé, l’accord de Paris constitue un catalogue de bonnes intentions. C’est mieux que rien mais très insuffisant pour relever le défi auquel se trouvent confrontées la planète et l’humanité.

En réalité, l’obstacle majeur n’a pas été affronté. Il tient dans un mode de production fondé sur les moins disant social et environnemental et sur l’obsession du profit à tout prix.

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