Les tours de passe-passe

Beaucoup de nos concitoyens considèrent, aujourd’hui, que la politique, c’est d’abord de la communication.

Celles et ceux qui ont la responsabilité de l’Etat ou y prétendent, à défaut d’avoir prise sur le cours des évènements, donnent le change par des effets d’annonces et de l’agitation médiatique, qui servent à masquer leur impuissance consentie.

Mais un autre moyen, qui s’appelle l’illusion, vient s’y ajouter, comme l’illustrent deux récents événements.

Le premier concerne le code du travail et la durée légale du temps de travail.

Le Medef réclame, depuis longtemps, d’imposer une cure d’amaigrissement au premier et de mettre en miettes le second.

Présent à Davos, au sommet annuel de la finance international, Emmanuel Macron, toujours en pointe, à relayer ces revendications.

Manuel Valls, dans la foulée, à l’appui du rapport Badinter et de l’image positive dont bénéficie l’ancien garde des sceaux, a annoncé une réforme du code du travail pour 2018 et, pour tout de suite, une modulation du temps de travail à décider au niveau de chaque entreprise.

Il jure ses grands dieux qu’il n’est pas question de mettre en cause la durée légale de 35h mais de déclencher au-delà de ce seuil des heures supplémentaires rémunérées au moins à +10%.

Un tel dispositif revient, en réalité, à dynamiter la durée légale, puisque chaque entreprise fera ce qu’elle voudra, a fortiori là où il n’y a pas de syndicat, ce qui, soit dit en passant, est un encouragement aux bas salaires que l’on pourra justifier par le recours « compensateurs » aux heures supplémentaires, les + 10% étant d’autant moins lourds que le salaire de base est léger. Le tout est, en outre, un renoncement aux embauches.

Second tour de passe-passe : la réforme constitutionnelle et la déchéance de la nationalité pour les binationaux.

Nombre de parlementaires socialistes ne voulait pas que les binationaux figurent dans le texte constitutionnel.

Qu’à cela ne tienne ! Ils ne figureront ni dans la Constitution, ni dans la loi d’application.

La déchéance concernera donc tous les citoyens français.

En revanche, la France ratifiera la convention internationale de 1954, qui interdit de fabriquer des apatrides, ce qu’elle n’avait pas fait jusqu’à présent.

Conclusion : les français, qui n’ont qu’une nationalité, ne pourront être concernés par la déchéance car ils deviendraient apatrides. Et donc, seuls les binationaux seront touchés, sans que nous ayons à l’écrire nulle part.

Trop fort Hollande ! La droite, pour sa part, n’a rien à redire, puisqu’il a été répondu à ses attentes, si ce n’est qu’elle a le sentiment d’être, à présent, piégée et contrainte de voter la réforme d’Hollande.

Vous connaissez le jeu de bonneteau ?

Il s’agit d’un jeu d’argent et surtout de dupes, pratiqué à la sauvette dans la rue.

Le maître de la partie manipule trois cartes retournées : deux rois, une dame.

Il vous faut trouver, moyennant une mise d’argent, où est la dame.

Au début, le manipulateur se débrouille pour que vous gagniez, vous mettant ainsi en confiance, jusqu’à ce qu’au final, vous perdiez tout.

En résumé, il s’agit d’une triche organisée et d’une escroquerie.

Nous y sommes.

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