Injuste et inefficace

Le gouvernement a remis sur la table le projet de dégressivité des allocations chômage, alors que se profile l’ouverture des négociations (le 20 février) entre le patronat et les syndicats sur l’indemnisation du chômage et la nouvelle convention, qui entrera en vigueur le 1er juillet prochain.

Deux arguments sont avancés :

  • Le déficit chronique de l’assurance chômage, qui aura été de 4,4 milliards € en 2015 pour une dette totale de 30 milliards € pour 2016. Les comptes sont dans le rouge depuis 2002 à l’exception de quelques années.
  • l’incitation au retour à l’emploi des chômeurs que la dégressivité favoriserait donc.

Si nous résumons la pensée gouvernementale, le problème, ce n’est pas le chômage, ce sont les chômeurs.

Le système de la dégressivité n’est pas une trouvaille inédite. Il a déjà été mis en œuvre en 1992 et 2001. L’INSEE en a étudié les effets et la conclusion est sans appel : ça n’a pas favorisé le retour à l’emploi.

Un rapport récent de l’Institut de l’entreprise, le rapport Coquet, dit exactement la même chose.

Ce serait probablement encore plus net aujourd’hui, car le problème français, c’est qu’il n’y a pas de créations d’emplois et que des milliers continuent de disparaitre.

Les promoteurs de la dégressivité nous expliquent encore que la France est l’une des plus généreuses avec ses chômeurs. Mais nos cotisations sont parmi les plus élevées. La cotisation annuelle, prélevée sur nos feuilles de salaires, représente un mois et demi de prestation, quand la moyenne des pays de l’OCDE s’élève à 0,8, deux fois moins cher.

Il faut préciser, en outre, que la moitié des chômeurs ne touche aucune indemnité. Les raisons sont multiples : la fin de droit en croissance avec le chômage longue durée, l’absence de droit notamment pour les jeunes, la précarité et l’activité à temps partiel…

La chasse aux faux chômeurs est également invoquée. Il en existe assurément, en ne perdant pas de vue que l’indemnisation du chômage se limite à deux ans pour les moins de 50 ans.

Mais en quoi la pénalisation de tous les chômeurs et donc des vrais également permettra-t-il de mettre un terme à des abus ?

Non seulement tout cela est assez peu sérieux mais va, en outre, contribuer à appauvrir encore un peu plus des milliers de sans emploi sans résoudre en rien le fléau du chômage.

Ainsi le gouvernement cible-t-il les chômeurs, quand dans le même temps, en 2015, le crédit impôt compétitivité consenti aux entreprises aura coûté 40 milliards € sans l’exigence d’aucune contrepartie en terme d’emplois.

Franchement, nous marchons sur la tête !

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