Le code du travail à la dynamite

La réforme du code du travail portée par la ministre Myriam El Khomri sera officiellement présentée au conseil des ministres du 9 mars.

Le contenu en est pourtant déjà connu et avant même que les parlementaires s’en saisissent, la ministre a annoncé qu’elle était prête à passer en force en recourant au 49-3 si nécessaire. Singulière conception du débat parlementaire !

Nous savions que l’un des objectifs visait à dynamiter la durée légale du temps de travail, non en la mettant frontalement en cause, mais en la contournant par des accords d’entreprises avec notamment des heures supplémentaires pouvant être rémunérées à seulement +10 % et portant la durée hebdomadaire jusqu’à 60h.

Un autre volet tout aussi redoutable est envisagé : élargir la notion de licenciement économique afin de faciliter les licenciements.

Aux actuelles « cessations d’activité de l’entreprise » et « mutations technologiques », le projet de loi ajoute comme motif possible « une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de l’entreprise ».

Pourront ainsi être invoqués une baisse des commandes et du chiffre d’affaires, des pertes d’exploitation, une dégradation de la trésorerie ou encore tout élément de nature à justifier de ces difficultés.

Les grands groupes, comme l’ont fait Continental ou Goodyear, n’auront qu’à organiser la baisse de l’activité de tel ou tel site pour obtenir des licenciements économiques et même la fermeture de l’entreprise.

A tout cela s’ajoutent la diminution des indemnités de licenciements, le plafonnement des indemnités décidées par les prud’hommes (15 mois de salaire maximum)

Quant au dialogue social, un dispositif est avancé. Il consiste à courcircuiter les syndicats par le recours au référendum, dont nous imaginons les conditions : ou vous acceptez une baisse de vos salaires, un allongement de la durée du travail ou l’entreprise ferme.

Bref, nous sommes face à un projet de régression sociale d’une extraordinaire ampleur, des recettes dont nous savons qu’elles ne créent pas d’emplois, bien au contraire, et qu’elles installeront des millions de salariés dans la précarité.

Le patron du MEDEF est, bien sûr, aux anges et les ténors de la droite boivent du petit lait, avec toutefois un brin d’inquiétude sur l’espace réduit que le gouvernement leur laisse en s’affirmant aussi libéral qu’eux.

Ils en rêvaient, Hollande le fait !

Le débat parlementaire s’annonce musclé.

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Une réflexion au sujet de « Le code du travail à la dynamite »

  1. liennel michel

    Oui effectivement, la Ministre de l’emploi est une exécutante de ce gouvernement bien aidé et dirigé par le MEDEF. Une chose est certaine ils veulent dynamiter le code du travail, les Français eux vont dynamiter la Gauche dans son ensemble.! Je pense qu’ils n’entendent plus rien de la base ainsi que de la détresse des Français qui ont votés pour eux…..(ils s’en foutent Royalement.!! )

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