COP 21 : ratifier n’est pas jouer

146 pays se retrouvent, ce vendredi, à New York pour signer l’accord de Paris (COP 21) de lutte contre le réchauffement climatique.

Adopté à l’unanimité au Bourget, il y a quatre mois, il doit, à présent, être ratifié par les Etats et leurs Parlements, afin d’entrer en vigueur en 2020. A cette fin, il faut qu’au moins 55% des Etats représentant 50% des émissions de gaz à effet de serre le ratifient.

Les Etats-Unis et la Chine, qui représentent, à eux seuls, entre 35% et 40% des émissions mondiales, ont annoncé leur intention de le signer, de même que 144 autres Etats. L’issue positive ne fait donc pas de doute.

Restent ensuite les travaux pratiques et la mise en œuvre des objectifs de l’accord de Paris.

Ce dernier prévoit, rappelons-le, de limiter la hausse de la température globale à moins de 2°C, voire, si possible, à 1,5°C.

Pour l’heure, les engagements pris par les 189 pays, qui les ont fait connaitre, placent le curseur à environ 3°C d’ici la fin du siècle. Rien n’est donc acquis.

Pour autant – ne boudons pas notre plaisir – des mouvements se sont amorcés vers la transition énergétique.

Le recours aux énergies renouvelables a connu une croissance record dans le monde en 2015. Les capacités installées ont augmenté de 8,3%, soit la plus forte hausse jamais enregistrée, malgré le faible prix du pétrole et du gaz.

Relevons également, la chute de la part du charbon passée de 41% à 30% dans la mix énergétique mondial.

Il reste beaucoup à faire mais des changements culturels s’opèrent pour commencer à concevoir un mode de développement moins énergivore et moins polluant.

Les obstacles n’en sont pas moins nombreux.

Et ils le sont tout particulièrement en Europe.

C’est là que le processus de ratification risque d’être le plus long, puisqu’il faut que se prononcent 28 Parlements avec des engagements très inégaux dans la transition énergétique.

Nombre de pays, en particulier à l’est de l’Union, sont dans des logiques de développement productiviste à énergies hyper-carbonées. Et il n’existe pas, à ce jour, de plan de répartition des efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre entre les pays de l’UE. Le dumping social et environnemental est souvent la règle.

Enfin, il y a tout ce qui ne figure pas dans l’accord de Paris en matière de régulation des secteurs des énergies fossiles, notamment dans le transport aérien ou encore dans l’agriculture, principaux émetteurs de gaz à effet de serre.

De manière générale, aucun mécanisme de sanction n’est prévu contre les Etats, qui ne tiendraient pas leurs engagements, quand l’Europe sait pourtant le faire pour imposer l’austérité aux gouvernements de l’Union.

Le projet de loi de ratification de l’accord de Paris a été présenté au Conseil des ministres, le 9 mars dernier.

L’Assemblée nationale devrait l’examiner avant les congés d’été.

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