Ça va mieux ?

François Hollande l’avait annoncé, dans l’émission « Dialogues citoyens » sur France 2, le 14 avril dernier : « Ça va mieux ».

Et depuis, les ministres et dirigeants du PS sont chargés de relayer l’information dans chacune de leurs interventions médiatiques.

Mais, de fait, les données économiques semblent donner raison à cet élan d’enthousiasme.

Mardi, tombaient les chiffres du chômage pour le mois de mars. Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) a baissé de 60 000, soit -1,7% par rapport à février en métropole pour s’établir à 3,531 millions.

Un reflux d’une telle ampleur ne s’était pas produit depuis septembre 2000 et, a fortiori, depuis le début du quinquennat.

Nous ne bouderons pas notre plaisir. Sauf que…une analyse un peu plus fine tend à prouver que la mariée n’est pas si belle.

En effet, si nous observons une baisse du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie B a augmenté de 2% et en C de 3,2%, soit 51 300 chômeurs de plus dans ces catégories, qui recensent celles et ceux qui ont exercé une courte période d’activité.

Il s’est donc, en réalité, opéré un transfert de la catégorie A vers les catégories B et C, ce qui ramène la baisse du nombre des chômeurs à -0,2% par rapport à février, soit -8700 demandeurs d’emploi.

Ces éléments attestent, en outre, d’une dégradation de la qualité de l’emploi et d’une installation de la précarité.

A droite, il est répété à l’envi que la France a de moins bons résultats que ses voisins européens en matière d’emploi.

Mais ces fameux « bons résultats » sont précisément dus à une précarisation de l’emploi à grande échelle. Ce fut le cas, en Allemagne, en début des années 2000, avec les lois Hartz portant réforme du marché du travail, initié par le chancelier Schröder.

En 10 ans, il s’est certes créé des emplois outre-Rhin mais, pour l’essentiel, des temps partiel, des contrats intérimaires et des CDD. Aujourd’hui un emploi sur sept est un mini-job payé 400€ par mois.

Tel est le coup que l’on tente de nous jouer, non seulement avec ces évolutions des chiffres du chômage mais aussi et surtout avec le projet de loi »travail », qui mise sur la flexibilisation du travail, après en avoir diminué le « coût » par les milliards d’exonérations sociales et fiscales accordées aux entreprises…sans effet.

Les prévisions de l’Insee et de l’OFCE tablent sur une timide reprise économique et sur une légère inflexion de la courbe du chômage en 2016.

Du fait, le recul de ce dernier dépend de la croissance économique. Or, à moins de 2% de croissance annuelle, on ne crée pas d’emplois et à condition, en outre, que la qualité de l’emploi garantisse un accroissement de la productivité.

La croissance dépend de facteurs internes (pouvoir d’achat des ménages, investissement des entreprises…)  et externes (demande mondiale, valeur de l’euro, prix des matières premières).

En l’état actuel de la politique conduite, les prévisions ne peuvent être que timides.

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