Brexit : Le sens d’un rejet

Hier, le Royaume-Uni a choisi, par la voie d’un referendum, de sortir de l’Union européenne.

Cette décision, qu’elle plaise ou non, est l’expression de la démocratie et appuie la volonté d’un peuple de retrouver une souveraineté qu’il estime lui avoir été confisquée par les instances de Bruxelles.

C’est un résultat qui survient au terme d’une campagne où la raison a souvent laissé place à l’émotion et l’angoisse dans les deux camps. Les partisans du maintien prédisaient un cataclysme économique en cas de sortie de l’Union européenne et ceux qui voulaient en sortir annonçaient un renforcement de la vague migratoire qui s’abattrait sur le Royaume-Uni.

Une prise de recul s’impose pour constater que le choix qui s’est exprimé hier au Royaume-Uni ne peut pas se résumer qu’à ça.

Ce vote est le résultat d’une incapacité de l’Union européenne à régler de nombreux problèmes. Comme une partie de la gauche anglaise, je pense que l’Europe s’est éloignée des peuples en voulant imposer un libéralisme économique qui ne prend pas en compte les aspirations démocratiques et sociales. Cette Europe-là n’est pas celle de la coopération entre des peuples souverains et solidaires mais une Europe de la concurrence, du dumping social, d’une technocratie sans légitimité et au service de la finance, qui impose aux Etats des purges austéritaires, en Grèce et partout ailleurs.

Ce résultat s’avère donc être l’aveu d’une déconnexion toujours plus forte entre les élites et les peuples. Ce sont les habitants des grandes villes profitant des bienfaits des politiques libérales de l’Union européenne qui se sont largement prononcés pour le maintien. De l’autre côté, les habitants des campagnes et de l’ancienne Angleterre industrielle se sont largement prononcés pour la sortie de l’UE.

J’espère que ce vote sera l’occasion pour l’Europe de se rendre compte de ces disparités qui existent toujours entre ses habitants. Ce clivage a été révélé au Royaume-Uni, mais il existe partout sur le continent où l’Union européenne génère des inégalités.

La politique économique libérale ayant échoué, le temps est venu d’orienter l’Europe vers d’autres alternatives sociales et démocratiques.

Les réactions de nos « euros-béats » français – de la droite au PS – sont consternantes. Ils découvrent qu’il faudrait changer l’Europe libérale qu’ils ont construite. Mais les peuples et les Français ne sont pas dupes de cette duplicité. Le référendum de 2005 et le « non » résonnent toujours.

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