L’heure du bilan

A l’approche de la fin du quinquennat de François Hollande, l’heure du bilan sonne.

A l’Elysée, s’il est difficile d’être euphorique, on clame à qui veut l’entendre : « ça va mieux ! »

Deux études, différentes dans leur approche, viennent de paraitre et sont de nature à nous éclairer.

La première est le 10ème baromètre Ipsos-Secours Populaire Français (SPF).

Conséquence brutale de l’accroissement des inégalités en France, plus d’un français sur deux (55%) jugent en 2016 que leur vie quotidienne est menacée par le déclassement et la pauvreté. La proportion des français affirmant avoir connu la pauvreté s’est accrue (3 points de plus par rapport à 2015). En 2016, 38% des personnes interrogées répondent, en effet, qu’elles ont été confrontées à cette situation.

Les données recueillies sur le terrain par les bénévoles du Secours Populaire témoignent d’une dégradation des conditions de vie des plus précaires et d’une augmentation sensible des personnes aidées (près de 3 millions en 2015).

Parmi les français les plus pauvres (1200 € de revenu net par mois), 50% ont renoncé à une consultation chez le dentiste ou l’ont retardée, une hausse spectaculaire de 22 points par rapport à 2008.

La seconde étude émane de l’observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), un organisme indépendant de prévision, de recherche et d’évaluation des politiques publiques. Elle dresse un bilan économique et social de la politique conduite depuis 2012.

  1. Hollande débute son quinquennat avec un chômage en hausse, une croissance en berne, une crise européenne, des finances publiques dégradées.

D’emblée, le rétablissement des finances publiques a constitué le credo de la politique gouvernementale, sous l’impulsion européenne des fameux critères de Maastricht. L’OFCE établit que ce choix, à marche forcée, a coûté une perte de 0,8% de croissance par an entre 2012 et 1017.

Autrement dit, le PIB aurait été plus élevé de 4,2% en 2017 si la politique budgétaire européenne et française avait été différente. La simultanéité des politiques d’austérité a créé un impact récessif sur la demande intérieure et extérieure.

Après une augmentation substantielle des prélèvements obligatoires sur les entreprises et les ménages en 2012 et 2013, le gouvernement s’est tourné vers une politique de l’offre. Il s’agissait de diminuer le coût du travail et de redonner de la marge aux entreprises.

Ainsi au terme du quinquennat, les contributions des entreprises auront été allégées de 20,6 milliards € par an. Le pacte de responsabilité et le CICE auront coûté 66,5 milliards €, pour un résultat de 230 000 emplois ainsi créés ou sauvegardés, soit une dépense publique de 290 000 € par emploi, ce qui est fou.

Dans ces conditions, les marges des entreprises se sont accrues mais sans effet pertinent sur l’emploi, d’autant qu’à 1,5% de croissance annuelle, on ne créé pas d’emploi.

Les prélèvements obligatoires sur les ménages se seront, quant à eux, accrus de 35 milliards €.

Et si la baisse du pétrole pouvait contribuer à un début de reprise du pouvoir d’achat, ce dernier par ménage en France en 2016 est inférieur de 350 € par rapport à son niveau de 2010, année du début des politiques d’austérité.

Derniers chiffre de l’OFCE : une baisse des dépenses publiques d’1 € ou une hausse d’impôt équivalente entraine un recul de 1,70 € de PIB.

Le bilan du quinquennat de F. Hollande aura donc été la démonstration de ce qu’il ne faut pas faire.

Et si nous écoutons les différents candidats à la primaire de droite, ils nous proposent du Hollande à la puissance 10 avec 100 milliards d’économies sur les dépenses publiques, une paupérisation encore accrue des plus pauvres, un accroissement de la précarité… le Titanic pour une submersion plus rapide.

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