Après Continental, Florange, Gandrange…Alstom à Belfort ?

L’information est tombée tel un couperet : le site historique d’Alstom à Belfort est promis à la fermeture en 2018.

C’est de cette usine qu’en 1880 sont sortis la première locomotive et, plus récemment, le premier TGV.

L’incompréhension domine. Voici quelques jours seulement, un contrat de 28 TGV avec les Etats-Unis et la compagnie Amtrak pour 1,8 milliard € était annoncé. Certes la production et l’assemblage devaient s’effectuer outre-Atlantique.

Mais, dans le même temps, Alstom se vantait d’être le « champion européen du ferroviaire », fort d’un chiffre d’affaires de près de 7 milliards € et d’un savoir-faire unique dans les différentes gammes de trains, métros et tramways.

En mai, le groupe annonçait « une année commerciale record » et « un bilan très solide » pour ses résultats 2015-2016, avec un carnet de commandes de 30 milliards €, dont 10,6 milliards € durant le présent exercice.

Alstom affichait un bénéfice de 3 milliards € et distribuait autant d’argent à ses actionnaires.

Au cours de ces dernières heures, l’actualité ferroviaire a été abondamment occupée par la présentation des TGV nouvelle génération : 100 trains assureraient cinq ans de travail et feraient entrer dans les caisses 2,5 milliards €.

Il y a aussi en perspective des RER, des Intercités, des Régiolis, des métros pour le grand Paris, même si la SNCF et la RATP peinent à tenir les calendriers de commandes.

Bref, même si la concurrence internationale est rude avec le canadien Bombardier et l’allemand Siemens, Alstom est un fleuron performant de notre industrie nationale et le site de Belfort en est un symbole avec ses 500 salariés.

Le gouvernement a convoqué, hier, en urgence le PDG d’Alstom. L’Etat est actionnaire du groupe à hauteur de 20%.

Est-il possible qu’il n’ait pas été informé de ce qui se tramait ? Il est, dans cette affaire, doublement acteur, d’abord par sa présence dans le capital mais également comme actionnaire unique de la SNCF et pourvoyeur de commandes à Alstom.

En mai 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, visitait l’usine de Belfort et déclarait, casquette d’Alstom vissée sur la tête : « l’Etat sera aux côtés d’Alstom. Nous aurons des administrateurs au conseil d’administration et nous saurons peser » CQFD.

Alstom sera-t-il le nouveau Florange, Gandrange ou Continental de la fin du quinquennat de F. Hollande ?

A Belfort, l’heure est à la mobilisation.

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