Autoroutes : vers une nouvelle hausse des tarifs

Suite à l’annonce du gouvernement de l’augmentation des tarifs des péages autoroutiers, j’ai interpellé, le secrétaire d’État, chargé des transports.

Question écrite

Patrice Carvalho attire l’attention de M. le secrétaire d’État, auprès de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, chargé des transports, de la mer et de la pêche sur la nouvelle augmentation annoncée des péages d’autoroutes.

Ces derniers connaitraient donc une hausse de 0.3% à 0.4% par an entre 2018 et 2020 afin de financer un plan de rénovation des infrastructures d’un montant d’1 milliard €. Les concessionnaires n’auront, en conséquence, rien à débourser, puisque ce sont les usagers et les collectivités locales qui paieront.

Les travaux envisagés s’ajoutent aux 21 chantiers lancés cette année pour un montant de 3,2 milliards € financé par les concessionnaires avec pour avantageuses contreparties un report de l’expiration des concessions de deux ans et demi en moyenne et des hausses de tarifs pour les automobilistes.

Les péages ont déjà augmenté au 1er février de 1,2% en moyenne, après de nombreuses hausses depuis 2006 bien supérieures à l’inflation et alors que les augmentations prévues pour 2018 dans les contrats de concessions s’échelonnent déjà entre 1.1% et 1.4%, ce qui les porte respectivement à 1.4% et 1.7% avec ce qui vient d’être annoncé.

L’argument selon lequel  la mise à contribution des usagers et des collectivités ferait gagner du temps, ce qui ne serait pas le cas de négociations avec les concessionnaires, est irrecevable.

La rente, que constituent ces concessions, a été à plusieurs reprises démontrée par de nombreux rapports, notamment par celui de l’Autorité de la concurrence publié en 2014.

Depuis la privatisation, les sept sociétés concessionnaires d’autoroutes, qui détiennent les trois quarts du réseau français et sont contrôlés par les groupes français Vinci et Eiffage et l’espagnol Albertis, ont vu leurs chiffres d’affaires augmenter de 26% entre 2006 et 2013.

Dans le même temps, les personnels des autoroutes ont été réduits de 17%  depuis la privatisation et comptent 2776 agents de moins, notamment grâce à la mise en place des guichets automatiques. Il est temps de mettre fin à ce scandale.

Le député rappelle qu’avec les parlementaires de son groupe, il avait déposé, en 2014, une proposition de loi en faveur de la nationalisation des sociétés concessionnaires d’autoroutes et l’affectation des dividendes à l’Agence de financement des infrastructures de transports. Sur 100 € de péage versés par les usagers, entre 20 et 30 € vont directement dans les poches des actionnaires.

La nationalisation des autoroutes coûterait entre 20 et 30 milliards €, mais rapporterait 40 milliards €, soit la possibilité de moderniser les infrastructures dans l’intérêt des usagers et non plus au profit des géants du BTP.

Le député souhaite que M. le ministre examine cette proposition.

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