Stopper la débâcle industrielle

Il y a des évènements et des informations surgissant dans un même temps au cœur de l’actualité, qui, assemblés tel un puzzle, nous renseignent sur l’état économique de la France.

Hier, les salariés d’Alstom sont venus se rassembler devant le siège du groupe à Saint-Ouen pour dire leur colère et leur opposition à la fermeture programmée du site de Belfort.

Le même jour, Henri Poupart-Lafarge, le PDG d’Alstom, était auditionné par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Il avait annoncé, avant cet entretien avec les députés, qu’il gelait le projet de liquidation de l’établissement franc-comtois dans l’attente de l’issue du dialogue engagé avec le gouvernement.

Il n’en justifiait pas moins la brutalité de l’annonce de fermeture, en arguant du fait que si Alstom à Belfort a un carnet de commandes satisfaisant jusqu’en 2018, tel n’est plus le cas entre 2018 et 2021, période durant laquelle les TGV en service continueront de rouler avant que ne vienne le temps des TGV de nouvelle génération.

Il est un fait que la filière industrielle ferroviaire dépend pour 60% e la commande publique. Or, Alstom souffre, par exemple, du quasi abandon du fret ferroviaire (9% du fret total en France contre 40% en Allemagne) au profit de la route (un comble alors que nous parlons de la transition écologique), de la vétusté des motrices et des voitures des Intercités, des engagements non tenus en matière de commandes de TER, des priorités données aux concurrents d’Alstom dans les marchés publics.

De manière générale, la France a un problème avec sa politique industrielle.

Selon une étude de l’Observatoire de l’investissement Trendeo, la désindustrialisation n’a pas cessé depuis 2009.

De l’été 2012 au printemps 2016, 887 sites industriels ont fermé leurs portes dans notre pays contre 609 inaugurés durant la même période, soit une perte nette de 278 usines.

Sur une période un peu plus courte – trois ans et demi – de début 2009 à la mi- 2012, le bilan sous Sarkozy s’élevait à 329 usines de moins.

Nous sommes sur un rythme de 200 fermetures par an. La liste est longue : la raffinerie Petroplus, l’usine Goodyear à Amiens Nord, le site PSA d’Aulnay-sous-Bois, l’extinction des hauts fourneaux d’Arcelor Mittal, la vente à la découpe d’Alstom, d’Areva…la liquidation dans ma circonscription de Continental jugée sans cause réelle et sérieuse, sans raison économique.

Deux causes expliquent cette hécatombe : aucune mesure législative n’a été adoptée, malgré des propositions que j’ai défendues avec mon groupe, pour protéger nos industries des licenciements boursiers, à l’exception de la timide loi dite « Florange », qui oblige une entreprise de plus de 1000 salariés, qui envisage de fermer, de trouver un repreneur. Et la France n’a pas de politique industrielle.

Dès lors, François Hollande peut bien avoir les yeux rivés sur la courbe du chômage et nous prédire, tous les quatre matins, son inversion, sans politique industrielle, rien ne bougera, pas plus que ne sont efficaces les milliards déversés pour baisser le coût du travail.

Avec mon groupe parlementaire et nos homologues du Sénat, nous venons de demander au gouvernement un débat sur la politique industrielle.

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