Où est donc passé le trou de la Sécu ?

L’Assemblée nationale examine, à partir de ce mardi, le dernier projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) du quinquennat pour 2017.

La grande affaire de ce budget serait, selon la ministre de la santé, Marisol Touraine, le retour à un quasi équilibre des comptes. Il n’y aurait donc plus de trou de la sécu, le déficit du régime général (maladies, retraites, familles, accidents du travail) en 2017 étant ramené à 400 millions € contre 3,4 milliards € en 2016. D’où vient donc ce miracle à quelques mois des élections présidentielles ?

En réalité, de miracle, il n’y a pas. La ministre omet de préciser qu’elle n’inclut pas le déficit du fond de solidarité vieillesse (FSV), autre composante de la sécu, qui verse les cotisations retraites des chômeurs et le minimum vieillesse et dont la sollicitation ne cesse de s’accroitre à mesure que le chômage grimpe et que le niveau de vie des retraités diminue. Ainsi, le déficit de cette branche-là s’élève à 3,8 milliards €.

En ce qui concerne l’excédent de la branche vieillesse également vantée (1,6 milliard €), il résulte principalement de la réforme Sarkozy de 2010, qui a reculé l’âge de la retraite de 60 à 62 ans, avec un accroissement du nombre des séniors attendant leur retraite au chômage, ce qui entraine un transfert vers l’assurance chômage en lieu et place d’une pension de retraite à laquelle on accède plus tard et un autre transfert ensuite vers le FSV pour les plus pauvres des retraités en nombre croissant.

Même constat pour la branche accidents du travail, qui sera excédentaire de 700 millions €. Là encore, l’explication est simple : d’une part, les entreprises rechignent à déclarer les accidents du travail et les maladies professionnelles (la branche est financée par les cotisations patronales) et, d’autre part, de nombreux cancers professionnels sont pris en charge par l’assurance maladie.

Ce budget pour 2017 sera fidèle à ses prédécesseurs. Le gouvernement entend réaliser encore plus d’économies à hauteur de 4 milliards €, principalement autour des médicaments mais aussi sur les hôpitaux.

Ces derniers devront réaliser 1,5 milliard d’économies. On se demande bien comment cela pourra être possible eu égard à la situation des hôpitaux publics.

Avec mon groupe, nous avons déposé des amendements de rupture avec la logique d’austérité et de réduction drastique des dépenses, pour promouvoir de nouvelles recettes par une refonte des systèmes de cotisations des entreprises favorisant celle qui créent de l’emploi, pénalisant celles qui pratiquent le dumping social, mettant également à contribution les revenus financiers des grandes entreprises, qui ne cessent d’enfler et qui ne participent pas à la solidarité.

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Une réflexion au sujet de « Où est donc passé le trou de la Sécu ? »

  1. olivier

    Combler le trou de la sécu en arrêtant de soigner les gens est une vraie idée avant-gardiste. Mais pourquoi ne parle t’on jamais du trou de l’armée, du trou de l’enseignement, du trou de l’action sociale ??? et j’en passe.

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