Marketing politique pour un même projet

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Crédit : Eric PIERMONT/AFP

Difficile d’échapper, depuis hier, au show Macron, de même qu’il sera périlleux de passer à travers la primaire de la droite, ce week end.

Ainsi va la démocratie, me dira-t-on. Mais est-ce vraiment cela ?

La démocratie, c’est le choix offert au peuple de décider de son avenir à partir de projets de société différents, d’une confrontation des idées.

Ce que chacun peut constater aujourd’hui, c’est qu’un seul modèle nous est proposé : une soumission aux lois du marché, à la mondialisation libérale et la seule gestion de ces carcans, qui ne laissent aucune marge de manœuvre.

Dès lors, le débat politique se résume, la plupart du temps, à des opérations de marketing. Les observateurs notent ainsi, à juste titre, que les programmes des sept candidats à la primaire de la droite sont des quasi-photocopies, la différence étant dans le verbe et le ton, l’excès ou la retenue pour vendre la même marchandise à un panel de clients divers.

Macron nous a offert, hier, un modèle du genre.

L’ex associé-gérant de la banque Rothschild avait choisi une ville de la banlieue, Bobigny, et le hangar d’un CFA, pour annoncer sa candidature à l’Elysée. Mais, pour le coup, ledit hangar avait été soigneusement clos et ne pouvaient y accéder que son équipe de campagne et les journalistes. Aucun apprenti, aucun formateur n’y ont été admis. Après sa prestation, l’ex-ministre de l’économie est reparti comme il était venu. Le CFA n’aura fonctionné que comme un symbole ou plutôt l’illusion d’un symbole.

Hasard de l’actualité : le jour, où M. Macron se déclarait, tombait cette information : Megabus s’apprête à licencier ses 175 salariés.

Il s’agit d’une entreprise de transport par cars, filiale d’un groupe britannique opérant en France pour le compte d’une start-up allemande, qui avait saisi l’opportunité de la loi Macron de libéralisation du transport par car.

En définitive, cette libéralisation des lignes de bus sur de longs trajets se révèle être un fiasco. Elles ne se concentrent plus que sur les trajets les plus rentables. Macron avait annoncé la création de 22 000 emplois. Il y en a eu que 1430, qui risquent fort de se réduire comme une peau de chagrin.

Les cars Macron, dans leur guerre des prix, auront fait perdre à la SNCF 250 millions €. Quant au bilan carbone, un bus émet 130 grammes de CO2 par kilomètre, un TGV 13 grammes et une voiture électrique 22 grammes.

Cette disposition de la loi Macron, la seule, ou à peu près, que l’opinion publique en aura retenue, est emblématique de la vision que l’homme a de l’avenir de la société.

Derrière le jeune homme fringant et son allure de gendre idéal se profile un libéral pur jus porteur de vieilles recettes, qui ne cessent de faire la preuve de leur nocivité.

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Source : Les Echos

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