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Trump sort de l’accord de Paris : pour un débat à l’Assemblée nationale

La décision annoncée, hier, par Donald Trump de la sortie des Etats Unis de l’accord de Paris sur le climat signé en décembre 2015 par la quasi-totalité des pays du monde confirme, s’il en était besoin, qu’un irresponsable est à la tête de la première puissance mondiale.

Les Etats Unis sont le deuxième Etat le plus pollueur de la planète. Son engagement de réduire, d’ici 2025, de 28% ses émissions de gaz à effet de serre est donc décisif pour tenir l’objectif du seuil de 2°C, voire 1,5°C, de réchauffement climatique, d’ici la fin du siècle.

Les ambitions affichées par les Etats signataires sont d’ailleurs aujourd’hui plus près des 3°C, ce qui montre l’ampleur des efforts à réaliser.

Par conséquent, le choix de Trump, fondé sur un nouveau mode de négationnisme et d’obscurantisme, menace le processus engagé par l’accord de Paris.

Mais il y a pire encore quant aux effets qui risquent d’en résulter.

En 2015, 18,9 millions de personnes, dans le monde, ont été déplacés suite à des catastrophes climatiques (55% en raison d’inondations, 29% en raison de tempêtes).

Selon l’ONU, 250 millions de personnes seront, d’ici à 2050, forcés de s’exiler à cause des bouleversements du climat.

Ils viendront d’Afrique sub-saharienne à cause de la sécheresse et de la dégradation des sols quand 50% de la population vit de l’agriculture, de l’Asie du sud est à cause des typhons et des tempêtes, qui ruinent le rendement des cultures, des états insulaires exposés à la montée des eaux.

C’est dire l’urgence d’agir pour contenir le réchauffement climatique.

Enfin, il est à craindre que Trump désengage également son pays du fonds Verts. Ce dernier avait été créé au sommet de Copenhague en 2009 et avait pour objectif de rassembler 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour aider les pays en développement à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre et à faire face aux effets du réchauffement climatique.

Les Etats Unis s’étaient engagés, en 2014,) à hauteur de 3 milliards de dollars. 500 millions avaient été versés en 2016 et Barak Obama, quelques jours avant l’investiture de Trump, avait annoncé le versement de 500 millions supplémentaires. Tout cela risque d’être ruiné.

Membre de la commission du développement durable au palais Bourbon, j’ai activement participé à la COP21.

Si je suis réélu, je proposerai, dès l’ouverture de la session parlementaire, un débat à l’Assemblée nationale sur les suites à donner à la décision irresponsable de Donald Trump.

« Sans domicile fisc » : Éric et Alain Bocquet à Thourotte

Je recevais, ce midi, à la mairie de Thourotte, Alain et Éric Bocquet, député et sénateur du Nord, auteurs de « Sans domicile fisc », un succès de librairie. Leur ouvrage est le résultat de travaux parlementaires, au Sénat et à l’Assemblée nationale, sur l’évasion fiscale, qui coûte entre 60 et 80 milliards € par an de manque à gagner au budget de la France et plus de 1000 milliards € à l’échelle des 28 pays de l’Union européenne.

Ils expliquent comment, à tous les niveaux de décision, la finance a pris le pouvoir, les dangers qu’elle fait courir au monde et la nécessité pour les citoyens de s’emparer de ce combat, avec notamment leur proposition de mise en place d’une COP fiscale à l’image de la COP environnementale, une idée adoptée par l’Assemblée nationale sur proposition de mon groupe parlementaire.

Berlin : unis et solidaires contre la barbarie

Après Nice, cet été, Berlin vient d’être frappé par la barbarie selon le même mode opératoire utilisé sur la promenade des anglais : un camion lancé dans la foule.

La cible n’était pas choisie au hasard : un marché de Noël, un lieu très fréquenté par les allemands, pour qui ces marchés sont une tradition, en plein centre de la capitale. Le bilan est lourd : 12 morts et 48 blessés.

Nous ne savons pas, à l’heure où j’écris ces lignes, qui est l’auteur de ce carnage puisqu’il court toujours. L’Etat islamique n’en a pas moins revendiqué la paternité.

Quelques voix ne reculant devant aucune indécence se sont immédiatement élevées, de la droite à l’extrême droite, en France et en Allemagne, pour établir un parallèle entre cet attentat, le terroriste, dont nous ignorons encore l’identité, et l’accueil par l’Allemagne de réfugiés fuyant eux-mêmes la barbarie et la guerre.

Certains ne reculent donc devant rien pour nourrir la haine, cultiver des divisions, entretenir ce terreau sur lequel poussent tous les extrémismes, qui nous conduisent au chaos.

Le moment est au recueillement, à la compassion, à la solidarité et à la coopération afin de lutter contre la barbarie, de l’éradiquer, de promouvoir le vivre ensemble, ce qui ne peut nous exonérer de cerner les causes profondes du mal qui traverse nos sociétés.

Trump : pourquoi est-ce possible ?

Ils n’ont rien vu venir : instituts de sondages, commentateurs politiques….Et pourtant, tous les ingrédients, qui avaient produit les mêmes effets ailleurs, étaient réunis.

Trump devient le président de la première puissance économique et militaire du monde. La déflagration est infiniment plus forte que celles qui avaient déjà résonné en Hongrie, en Pologne ou en Autriche avec la victoire de personnalités du même acabit.

Chacun pouvait se dire que, tout de même, les américains n’iraient pas jusqu’à élire ce fou furieux avec ses propos racistes, misogynes, homophobes, climato sceptiques… Et bien, si !

Trump, pourtant, n’obtient pas un triomphe dans les urnes. Il ne fait pas plus de voix que le candidat républicain de 2012 et même moins (59,1 millions contre 60 millions à Romeny, voici 4 ans). Hilary arrive en tête, à l’échelle du pays, en  nombre de suffrages. La règle du jeu veut néanmoins que celle ou celui qui gagne est celle ou celui qui emporte le plus grand nombre de délégués grands électeurs représentant les Etats.

En réalité, Trump a mobilisé massivement l’électorat républicain, tandis que l’électorat démocrate s’est abstenu (les ouvriers du Midwest les jeunes, les noirs…)

Hilary Clinton incarnait, à merveille, l’establishment, la mondialisation libérale débridée, le déclassement des couches moyennes, la faillite d’une représentation politique jugée impuissante et corrompue.

Trump s’est présenté comme l’exact contraire de tout cela, celui qui allait reprendre les rênes, réenchanter le rêve américain, restaurer l’entre-soi américano-américain, fût-ce au mépris du reste du monde.

Les lendemains risquent fort de déchanter car non seulement l’aventurier milliardaire nous prépare un monde plus dangereux encore fait de confrontations, sans entamer, en quoi que ce soit et parce qu’il est un pur produit du système qu’il prétend combattre, cette mondialisation financière, qui écrase les peuples et les nations. Il se disait déjà, ce matin, qu’il pourrait nommer comme secrétaire d’Etat au Trésor, un ancien de la banque Goldman Sachs. C’est tout dire !

Ce qui vient de se produire aux Etats-Unis est un sujet de méditation pour notre propre destin.

Nous avons, ici aussi, des apprentis Trump surfant sur la faillite de nos élites politiques et prêts à nous vendre la même camelote frelatée. Ici aussi, ces dernières sont sûres de leur fait et de leur bon droit.

La gauche et ses renoncements ouvrent grandes les portes à l’aventure et à ses périls. A méditer dans l’urgence.

L’urgence de se mettre au vert

Samedi, en marge du sommet du G20, qui se déroulent en Chine, les deux principaux pollueurs de la planète, les Etats-Unis et la Chine, ont remis au secrétaire général de l’ONU, les documents de ratification de l’accord de Paris (COP 21) conclu en décembre.

Rappelons que cet accord a été formellement signé par 180 pays, mais chacun doit ensuite ratifier le texte selon ses propres modalités (vote au Parlement, décret…). Il faut la ratification d’au moins 55 pays représentant 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre pour que le traité entre en vigueur.

Jusqu’à présent, seuls 24 pays sont allés au bout du processus, surtout des petits Etats insulaires, les plus exposés, qui ne représentent que 1,08 % des émissions, et en Europe, seules la France et la Hongrie.

Avec cette double ratification américaine et chinoise, un grand pas vient d’être franchi, puisque ces deux économies sont responsables de 40 % des émissions planétaires.

Ensuite, tout reste à faire. Il y a les intentions. Nous attendons les actes.

Aux Etats-Unis, de puissants lobbies industriels et financiers freinent des autres fers et, dans la campagne présidentielle, Donald Trump s’affiche comme « climato-sceptique ».

Si la Chine est le premier pays en termes d’investissement dans le solaire, Pékin a approuvé en 2015 la construction d’au moins 150 nouvelles centrales à charbon. La consommation chinoise de charbon a doublé au cours de la décennie 2004-2014.

Selon un rapport publié, la semaine dernière, par Climate Transparency (initiative non gouvernementale qui rassemble plusieurs centres de recherche spécialistes de l’évaluation des politiques de réduction des émissions), « si l’investissement bas carbone progresse dans la plupart des pays, nous sommes encore loin d’une trajectoire conforme aux objectifs de l’accord de Paris… A ce jour, les subventions aux énergies  fossiles sont toujours supérieures à celles consacrées aux énergies  renouvelables, même si ces dernières ont augmenté de 18% depuis 208 ».

Il reste, nous le voyons, bien du chemin à parcourir.