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Seine-Nord Europe : mobilisation contre le sabotage gouvernemental

J’avais, publiquement manifesté mon inquiétude quant à la réalisation du canal Seine Nord Europe, lors de la campagne des élections législatives, après la nomination à Matignon d’Edouard Philippe.

Maire du Havre, celui-ci avait toujours été un farouche opposant à ce projet majeur pour les Hauts de France et l’avenir du transport fluvial.

Je lui faisais un procès d’intention, m’avait-on alors répliqué.

Mais ce qui devait arriver arriva : le ministre de l’écologie et sa collègue en charge des transports annonçaient, début juillet, une « pause » dans les projets d’infrastructures. Matignon devait, dans la foulée, confirmer ce choix.

Hier, répondant à la question du député de la Somme, Stéphane Demilly, le Premier ministre a développé une hallucinante argumentation pour justifier le « report » du projet de canal, des éléments repris, ce matin, sur France Inter, par la ministre des transports.

Il a rappelé le plan de financement du projet, tel qu’il a positivement évolué au cours des cinq années écoulées : l’engagement de l’Union européenne à hauteur de 40%, soit 1,8 milliard €, de l’État (1 milliard €), des collectivités (1 milliard €). La pierre d’achoppement, selon lui, résiderait dans les 700 millions € que devra contracter par emprunt la société de projet. Voilà donc qui justifierait la « pause ». On croit rêver.

Voilà un premier ministre qui, dans le budget 2018, s’apprête à transformer le CICE en baisse de « charges » pour les entreprises à hauteur de 27 milliards € de pertes sèches pour l’État, auxquels il faut ajouter les 9 milliards € du pacte de responsabilité sans aucune contrepartie en terme de création d’emplois. Cela ne lui pose aucun problème.

Et pour 700 millions € à emprunter, il est prêt à sacrifier un projet, qui, dans sa réalisation, va créer plus de 10 000 emplois et 45 000 emplois pérennes d’ici 2050.

Il omet, en outre, le volet recettes de l’infrastructure. Le canal, par la contribution de ceux qui l’utiliseront et par l’activité économique créatrice de richesses qu’ils entrainera, permettra des entrées de fonds.

En outre, Edouard Philippe n’a pas dû lire tout le rapport de Rémi Pauvros. Il y est préconisé, pour financer l’emprunt, l’instauration d’une taxe poids lourd (15 à 20 centimes € la tonne pour les plus polluants) considérant que 13 000 camions empruntent l’autoroute A1 chaque jour dont 50 % en provenance de l’étranger et une taxe pour les entrepôts, qui utilisent exclusivement les camions, afin d’encourager au report modal vers la voie d’eau.

L’argumentation est donc parfaitement fallacieuse et dissimule une volonté d’abandonner ce grand projet, d’autant que plus la mise en chantier tardera, plus la facture grimpera. Mais n’est-ce pas ce qui est recherché pour aboutir à son abandon, en sachant que les engagements avec l’Europe doivent être tenus cette année, et non en 2020, comme l’affirme le Premier ministre ?

Il constitue pourtant une chance historique pour la région Hauts de France, pour lui assurer un développement dont elle a tant besoin.

Des élus, de tous bords, se sont mobilisés pour que l’infrastructure serve au mieux les territoires concernés. On ne compte plus les réunions organisées. Quel mépris à leur égard !

L’heure est donc à la mobilisation afin d’obtenir que les engagements pris soient tenus.

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Le canal Seine-Nord menacé par le nouveau Premier ministre

La nomination d’Edouard Philippe, député-maire du Havre, à Matignon n’est pas une bonne nouvelle pour le nord-compiégnois et les Hauts de France.

Il est, en effet, un virulent opposant au projet de canal Seine Nord Europe. Le risque existe donc que tout le travail effectué durant cinq ans, auquel j’ai participé avec Rémi Pauvros, député du Nord, pour rendre possible ce grand chantier et obtenir son financement, soit mis en cause.

Je répondais, ce matin, aux questions du « Parisien » avec d’autres élus sur ce sujet d’inquiétude.

Canal Seine Nord menacé_Parisien16mai17

Voici la tribune que j’avais cosignée avec 7 autres députés parue dans le quotidien « Les Echos », le 15 juillet 2014. Il s’agissait de répondre à un article d’Edouard Philippe publié dans le même journal par lequel s’opposait au projet de canal Seine-Nord Europe.

http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/07/15/cercle_105880.htm

Canal Seine Nord Europe : un projet irréversible

Le Président de la République était hier à Noyon pour la mise en place de la société de projet chargée de prendre le relai de Voies navigables de France (VNF) et de réaliser le canal Seine Nord Europe.

Il s’agit – je le rappelle – de relier Compiègne au canal de Dunkerque Escaut (Cambrai) pour assurer une continuité fluviale entre le bassin de la Seine et les canaux de l’Europe du Nord.

En 2012, le dossier était dans une impasse avec un coût exorbitant estimée à 7 milliards € et sans financement assuré.

C’est un travail parlementaire qui a permis de débloquer le dossier sous la conduite de mon collègue Remi Pauvros, député du Nord et auquel j’ai participé.

Le projet a ainsi été reconfiguré pour un coût de 4,5 milliards € avec un financement européen à hauteur de 40% et un engagement maintenant connu de régions concernées.

Les premiers de travaux ont débuté à Bienville et se poursuivront jusqu’à 2025.

Les enjeux sont considérables :

  • Le rééquilibrage des modes de transport avec le fluvial comme alternative au tout routier dangereux pour la sécurité et l’environnement.
  • Le retard que la France doit combler dans le développement du fluvial et la nécessaire modernisation du réseau.
  • Les créations d’emplois attendues sur le chantier du canal, puis celles résultant de son exploitation ensuite.
  • Le développement de l’activité sur le parcours de 106 km de l’infrastructure avec la desserte des territoires traversés (plates formes multimodales, quais…)

Canal Seine-Nord Europe : une nouvelle étape vient d’être franchie

Une nouvelle étape importante a été franchie, cette semaine, dans la concrétisation du projet de Canal Seine-Nord Europe.

Mercredi, au conseil des ministres, le secrétaire d’Etat chargé des transports, Alain Vidalies, a présenté l’ordonnance relative à la création de la société en charge de la construction du canal, prévue par la loi Macron du 6 août 2015.

La société du Canal Seine-Nord Europe, nouvel établissement public, aura pour mission la réalisation du projet, reliant les bassins de la Seine et de l’Oise au réseau européen à grand gabarit.

A cette mission principale s’ajoute une mission de développement économique en lien avec cette infrastructure. Cette société de projet réunira au sein de ses organes de gouvernance, et notamment de son conseil de surveillance, l’ensemble des partenaires financiers, Etat et les collectivités territoriales.

Le démarrage des travaux est prévu en 2017 et sa mise en service en 2023. Long de 107 km, situé entre Compiègne et le canal Dunkerque-Escaut, cet ouvrage connectera l’Oise et la Seine aux 20 000 km de réseau fluvial européen à grand gabarit. Il doit permettre le transport de chargements de fret fluvial qui atteindront, par convoi, 4400 tonnes, soit l’équivalent de 180 poids-lourds.

L’obtention de la déclaration d’utilité publique est fixée en début 2017. Son coût totale devrait s’élever à 4,7 milliards €, financés à hauteur de 40 % par des fonds européens.

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Tracé du Canal Seine-Nord Europe (© vng)