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Législatives : les résultats du premier tour dans la 6ème circonscription

Je remercie les électrices et les électeurs, qui m’ont accordé leur confiance, ainsi que toutes celles et ceux qui se sont investis dans cette campagne.

Le résultat n’est évidemment pas à la hauteur de leurs attentes, puisque j’arrive en 3e position et suis donc éliminé du second tour.

Le niveau de l’abstention (50%) est le premier élément marquant de ce scrutin. A force de s’entendre dire que M. Macron disposerait d’une écrasante majorité absolue à l’Assemblée nationale, beaucoup d’électeurs ont considéré que les jeux étaient faits et qu’il était inutile de se déplacer ;

Je rassemble 6963 voix, soit 18,9%. A l’évidence, si la « France insoumise » avait opté pour l’union, nous serions au deuxième tour pour affronter la candidate d’« En marche » et nous aurions éliminé le Front National. C’est donc une lourde responsabilité prise par la FI, dont toute la campagne a, par ailleurs, été exclusivement dirigée contre moi.

Nous nous retrouvons donc au second tour à devoir arbitrer entre « En marche » et le FN.

Chaque électeur se déterminera en conscience sur ce qu’il convient de faire.

Nous sommes, en réalité, face à deux impasses.

D’un côté, une candidate, qui ira grossir les rangs d’une majorité parlementaire écrasante aux ordres et dont les Français ne tarderont pas à découvrir la brutalité de la politique libérale qui sera mise en œuvre, de l’autre, un candidat qui se nourrit d’une France fracturée où l’ennemi est le voisin et qui se délecte de la situation à mesure qu’elle se dégrade.

Aucune perspective d’avenir ne surgira ni d’un côté, ni de l’autre. Elle ne viendra que de la mobilisation contre les mesures anti-sociales que le gouvernement s’apprête à prendre.

Nouveau gouvernement Macron

Le Président de la République vient de procéder à deux actes majeurs marquant le début de son quinquennat et annonciateurs de la suite.

Il a d’abord nommé à Matignon un homme de droite, M. Edouard Philippe, député-maire « les Républicains » du Havre.

La composition du gouvernement vient d’être annoncée. Elle se situe dans la même veine. Loin du renouvellement annoncé, nous y retrouvons, pour une part essentielle, des dirigeants recyclés de la droite, quelques personnalités de la droite du PS, et des représentants dits « de la société civile », proches en réalité, des milieux d’affaires.

Sans faire de procès d’intention à quiconque, nous savons quelle politique cette équipe va conduire.

Les premières mesures sont connues : aggravation de la loi El Khomri vers un démantèlement du code du travail, augmentation de la CSG frappant les retraités et les couches moyennes, diminution des dépenses publiques, suppression de 120 000 postes de fonctionnaires… Bref, du Hollande à la puissance 10, ce que les français ne voulaient plus.

Rien pourtant n’est encore écrit. Les élections législatives offrent la possibilité aux millions de français, qui n’ont pas adhéré au projet de M. Macron, de se donner les moyens de résister, en envoyant à l’Assemblée nationale des députés, qui feront entendre leur voix, comme je m’y suis appliqué durant ces 5 années écoulées.

Fibromyalgie : lettre au nouveau Président élu

A l’occasion de la journée mondiale de la fibromyalgie, j’ai adressé une lettre à Emmanuel Macron, pour l’alerter sur la nécessité de la reconnaissance de cette pathologie :

Monsieur le Président,

Je m’adresse à vous, ce 12 mai 2017, journée mondiale de la fibromyalgie et alors que vous allez prendre vos fonctions dans quelques jours.

Pour ma part, je participe aujourd’hui au rassemblement des associations de patients organisée à proximité du ministère de la santé.

A la lumière du rapport parlementaire, qui a conclu, en octobre dernier, les travaux de la commission d’enquête constituée à l’Assemblée nationale et dont j’étais l’initiateur et le rapporteur, la fibromyalgie est devenue un problème majeur de santé publique.

Elle concerne, selon la Direction Générale de la Santé (DGS), entre 2% et 5% de la population française et se manifeste sous forme de douleurs chroniques aux niveaux articulaires et musculaires pouvant aller de la crampe à des symptômes lourdement invalidants.

Malgré les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la France ne reconnait toujours pas la fibromyalgie comme une maladie. En conséquence, les diagnostics et les prises en charge sont différents selon les médecins auxquels les patients s’adressent. Ces derniers sont condamnés, le plus souvent, à une errance médicale.

A la souffrance physique se joignent la détresse mentale, la dépression et de nombreux malades mettent fin à leur jour.

Cette situation ne peut plus durer. Elle est indigne de la France.

Le rapport parlementaire avance 20 préconisations pour en sortir.

Le gouvernement sortant conditionnait les réponses à apporter à la publication de l’étude commandée à l’INSERM et dont les conclusions doivent intervenir au cours du second semestre de 2017.

Néanmoins, trois propositions, dans mon rapport, sont de nature à améliorer immédiatement la situation des malades. J’ai proposé à Mme Touraine, ministre de la santé, en février, de les mettre en œuvre. Elle a certes accusé réception de mes propositions mais aucune suite concrète n’y a été donnée.

Je les rappelle et vous demande d’en saisir votre futur ministre de la santé dès sa prise de fonction.

  • Les malades sont souvent confrontés à l’incompréhension de leur médecin généraliste pas ou peu formé à cette pathologie. Or, il existe des tests de diagnostics et des logiciels d’aide à la prescription. Il est aisé d’en assurer la diffusion auprès des généralistes.
  • De la même manière, il faut diffuser l’annuaire national recensant les structures de douleur chronique (SDC) sur le territoire, afin que rapidement le patient se voit proposer un parcours de soins, et faire connaitre aux médecins les expériences conduites avec succès dans un certain nombre de centres.
  • Il convient d’assurer l’égalité de traitement des patients dans l’accès au régime de l’affection de longue durée (ALD) par la diffusion de recommandations de prise en charge de la Haute Autorité de Santé (HAS) aux médecins-conseils de la CNAMTS.

Enfin, au chapitre des mesures immédiates figure l’amendement voté au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017. Il prévoit la mise en place, pour une durée de 3 ans et à titre expérimental, de parcours de soins et de prise en charge des personnes atteintes de douleurs chroniques, dont ceux souffrant de fibromyalgie, financée par le fonds d’intervention régional (FIR). L’enjeu de cette expérimentation est d’élaborer un appel à projets à destination des médecins généralistes pour coordonner le parcours de leurs patients en relation avec les 219 SDC existants.

La ministre de la santé sortante m’avait informé que le cahier des charges de ces projets expérimentaux serait prêt avant l’été.

Je souhaite que cet engagement soit tenu et que les parcours de soins soient disponibles au cours du second semestre de l’année 2017.

En outre, après la publication de l’étude de l’INSERM, qui doit reprendre, selon les déclarations de ses représentants que la commission d’enquête a auditionnés, des préconisations de mon rapport, je vous propose de déclarer la fibromyalgie grande cause nationale de l’année 2018, au cours de laquelle nous pourrions mettre en œuvre les dispositions nécessaires à sa reconnaissance et à sa prise en charge pleines et entières.

Restant à votre disposition, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de mes respectueuses salutations.

Patrice CARVALHO

Élection d’Emmanuel Macron

La victoire de M. Macron a permis à des millions de nos compatriotes de conjurer un péril, dont ils ne voulaient pas : la possible victoire du Front National.

Pour autant, aucune des préoccupations exprimées par les électeurs n’a trouvé de réponse. Je ne fais aucun procès d’intention au nouveau Président.

Mais les faits sont là : le score de M. Macron est certes sans appel (66,1%), beaucoup plus serré dans l’Oise est dans ma circonscription. Il ne correspond pour autant pas à une adhésion des français à son projet libéral.

Les voix qui se sont portées sur M. Macron, dimanche, étaient destinées d’abord à barrer la route à Mme Le Pen. Il en était de même au 1er tour où il s’agissait d’échapper au FN et à M. Fillon.

Les études montrent que 16% des électeurs de M. Macron ont exprimé un vote d’adhésion.

A un mois des législatives, rien n’est donc écrit.

Ce qui est sûr, c’est que les français ont intérêt à envoyer à l’Assemblée nationale des députés, qui sauront résister à ces premières mesures libérales visant à aggraver la loi El Khomry et à y procéder par ordonnances (pire que le recours au 49-3), à augmenter la CSG…

Rassembler toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas d’une politique qu’ils ont rejetée et qui souhaitaient qu’on s’occupe enfin de la France qui souffre, comme je m’y suis appliqué durant cinq ans de mon mandat de député, voilà ce que je propose.

Marketing politique pour un même projet

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Crédit : Eric PIERMONT/AFP

Difficile d’échapper, depuis hier, au show Macron, de même qu’il sera périlleux de passer à travers la primaire de la droite, ce week end.

Ainsi va la démocratie, me dira-t-on. Mais est-ce vraiment cela ?

La démocratie, c’est le choix offert au peuple de décider de son avenir à partir de projets de société différents, d’une confrontation des idées.

Ce que chacun peut constater aujourd’hui, c’est qu’un seul modèle nous est proposé : une soumission aux lois du marché, à la mondialisation libérale et la seule gestion de ces carcans, qui ne laissent aucune marge de manœuvre.

Dès lors, le débat politique se résume, la plupart du temps, à des opérations de marketing. Les observateurs notent ainsi, à juste titre, que les programmes des sept candidats à la primaire de la droite sont des quasi-photocopies, la différence étant dans le verbe et le ton, l’excès ou la retenue pour vendre la même marchandise à un panel de clients divers.

Macron nous a offert, hier, un modèle du genre.

L’ex associé-gérant de la banque Rothschild avait choisi une ville de la banlieue, Bobigny, et le hangar d’un CFA, pour annoncer sa candidature à l’Elysée. Mais, pour le coup, ledit hangar avait été soigneusement clos et ne pouvaient y accéder que son équipe de campagne et les journalistes. Aucun apprenti, aucun formateur n’y ont été admis. Après sa prestation, l’ex-ministre de l’économie est reparti comme il était venu. Le CFA n’aura fonctionné que comme un symbole ou plutôt l’illusion d’un symbole.

Hasard de l’actualité : le jour, où M. Macron se déclarait, tombait cette information : Megabus s’apprête à licencier ses 175 salariés.

Il s’agit d’une entreprise de transport par cars, filiale d’un groupe britannique opérant en France pour le compte d’une start-up allemande, qui avait saisi l’opportunité de la loi Macron de libéralisation du transport par car.

En définitive, cette libéralisation des lignes de bus sur de longs trajets se révèle être un fiasco. Elles ne se concentrent plus que sur les trajets les plus rentables. Macron avait annoncé la création de 22 000 emplois. Il y en a eu que 1430, qui risquent fort de se réduire comme une peau de chagrin.

Les cars Macron, dans leur guerre des prix, auront fait perdre à la SNCF 250 millions €. Quant au bilan carbone, un bus émet 130 grammes de CO2 par kilomètre, un TGV 13 grammes et une voiture électrique 22 grammes.

Cette disposition de la loi Macron, la seule, ou à peu près, que l’opinion publique en aura retenue, est emblématique de la vision que l’homme a de l’avenir de la société.

Derrière le jeune homme fringant et son allure de gendre idéal se profile un libéral pur jus porteur de vieilles recettes, qui ne cessent de faire la preuve de leur nocivité.

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Source : Les Echos

Tempête dans un verre d’eau

Le départ d’Emmanuel Macron du gouvernement a, en quelques heures, enflammé les rédactions. Voilà, en fait, plusieurs semaines que la bulle Macron s’enfle.

Il est jeune, fringant. Il incarnerait le renouveau d’une classe politique usée. Bref, il serait l’avenir.

Il me fait davantage pensé au vin primeur, frais et gouleyant une fois la bouteille débouchée mais sans conservation possible, virant rapidement à la piquette.

Car qui donc est Macron ? Un pur produit du système de la mondialisation libérale, ayant fait ses classes à la banque Rotschild et devenu ainsi millionnaire. Il est le chouchou de Pierre Gattaz, n’hésitant pas non plus à s’afficher récemment avec Philippe de Villiers, le vicomte vendéen, au Puy du Fou, pour confesser qu’il n’est pas socialiste.

Conseiller de François Hollande à l’Elysée en 2012, il est l’inspirateur de la ligne libérale du gouvernement, l’auteur d’une loi, qui porte son nom et qui aura consacré l’extension du travail du dimanche, 3000 autocars de plus sur nos routes au titre de la déréglementation du secteur des transports à l’heure de la transition écologique, la réforme des prud’hommes etc…

Il incarne les renoncements d’Hollande, tout ce qui fait fuir les électeurs, qui ont permis la victoire de 2012.

Alors, ambition présidentielle ? Mais où est sa base électorale ? Evidemment pas à gauche mais surement pas beaucoup non plus à droite où les prétendants implantés se bousculent et que les électeurs préféreront à une offre frelatée.

Macron semble avoir toutefois oublié qui l’a fait roi. Il aurait pu, à l’égard d’Hollande, au moins avoir la reconnaissance du ventre. Mais le cynisme est monnaie courante en politique. Peut-être découvrirons-nous que l’opération Macron relève d’un plus vaste dispositif pré-présidentiel, dont, pour le moment, les motifs nous échappent.